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Lou Chenivesse

Production Le Fresnoy- Studio national des arts contemporains

Exposition - Toute ressemblance avec la réalité n’est pas une pure coïncidence. - Comissariat Marta Gili

 

Film, (vidéo numérique), 2024, 18’30 min

Lien vidéo

Mot de Passe : sur demande

 

Suite à la mort d’une proche, une jeune femme est plongée dans une solitude mélancolique. Des évènements étranges se manifestent. Des fantômes surgissent au travers de fissures comme des fuites d’eau qui glisse le long des murs, pendant qu’une tempête grandit. Passé, présent et futur se superposent, le temps se dissous, se suspend.

 

Le Temps suspendu est une puissante chimère cracheuse d’eau. Lettre de deuil, d’amour et de mélancolie, essai spéculatif gothique, fable écoféministe, ce film constitue la mue d’un projet initial d’installation puis de documentaire de création autour des villages engloutis et de leur folklore vers une inspection singulière de la dissolution de soi, de manière littérale (dispersion des cendres, inondations fatales) et figurée (deuil et pensée de la mort, solastalgie).

 

Déposé comme un voile sur un scénario superbement conçu qui agrège différents niveaux de récit et intensités de réalité hétéroclites qui fluctuent mais ne coulent pas, le travail visuel du film invite à visionner l’image d’une vie sous-marine au-delà de la vie, d’une demi-vie, d’une infra-vie, d’une aqua-vie (prosit !).

 

La disparition de sa grand-mère, le voyage d’adieu qui lui fit suite pendant l’épisode récent des pluies torrentielles hexagonales a initié la bifurcation de son projet vers la poursuite d’une enquête familiale où Lou Chenivesse fait commerce avec les fantômes vivants et morts, où de chaque trépas procède un rituel de passage. La séquence liminale de dispersion des cendres dans un océan enragé (dimension magique du geste performatif) initie la transformation de notre Monde liquéfié, agrégeant deux apocalypses : la mort d’une proche, celle de notre planète telle que nous la connaissons. Lou Chenivesse cite Tarkovski, Maddin, Lynch, partage à juste titre leur désir de coordonner registres d’images et de ton, la maîtrise du passage immédiat d’une émotion à une autre. On pense aussi à une Jeanne Dielman ectoplasmique dont les gestes, les habitudes gravées dans le vivant comme un sillon dans un vinyle se perpétuent à l’infini, machinaux. Lou Chenivesse propose un fantastique discret, qui s’infiltre lentement comme une avarie de plomberie engloutissant le monde.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

 

Bogdan Chthulu SMITH

le temps suspendu

La disparition de sa grand-mère, le voyage d’adieu qui lui fit suite pendant l’épisode récent des pluies torrentielles hexagonales a initié la bifurcation de son projet vers la poursuite d’une enquête familiale où Lou Chenivesse fait commerce avec les fantômes vivants et morts, où de chaque trépas procède un rituel de passage. La séquence liminale de dispersion des cendres dans un océan enragé (dimension magique du geste performatif) initie la transformation de notre Monde liquéfié, agrégeant deux apocalypses : la mort d’une proche, celle de notre planète telle que nous la connaissons. Lou Chenivesse cite Tarkovski, Maddin, Lynch, partage à juste titre leur désir de coordonner registres d’images et de ton, la maîtrise du passage immédiat d’une émotion à une autre. On pense aussi à une Jeanne Dielman ectoplasmique dont les gestes, les habitudes gravées dans le vivant comme un sillon dans un vinyle se perpétuent à l’infini, machinaux. Lou Chenivesse propose un fantastique discret, qui s’infiltre lentement comme une avarie de plomberie engloutissant le monde.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

 

Bogdan Chthulu SMITH

Suite à la mort d’une proche, une jeune femme est plongée dans une solitude mélancolique. Des évènements étranges se manifestent. Des fantômes surgissent au travers de fissures comme des fuites d’eau qui glisse le long des murs, pendant qu’une tempête grandit. Passé, présent et futur se superposent, le temps se dissous, se suspend.

 

Le Temps suspendu est une puissante chimère cracheuse d’eau. Lettre de deuil, d’amour et de mélancolie, essai spéculatif gothique, fable écoféministe, ce film constitue la mue d’un projet initial d’installation puis de documentaire de création autour des villages dissolution de soi, de manière littérale (dispersion des cendres, inondations fatales) et figurée (deuil et pensée de la mort, solastalgie).

Déposé comme un voile sur un scénario superbement conçu qui agrège différents niveaux de récit et intensités de réalité hétéroclites qui fluctuent mais ne coulent pas, le travail visuel du film invite à visionner l’image d’une vie sous-marine au-delà de la vie, d’une demi-vie, d’une infra-vie, d’une aqua-vie (prosit !).

Production Le Fresnoy- Studio national des arts contemporains

Exposition - Toute ressemblance avec la réalité n’est pas une pure coïncidence. - Comissariat Marta Gili

Film, (vidéo numérique), 2024, 18’30 min

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Bio

Lou Chenivesse est artiste plasticienne, réalisatrice et scénographe. Née en 1994, elle grandi entre L’Egypte, la Syrie et la France. Après une formation en Hypokhâgne elle rentre aux Beaux-Arts de Nantes. Durant sa formation, elle réalise un Erasmus à la Muthesius Kunsthochschule en Allemagne dans la section vidéo. Dans une perspective pluridisciplinaire, elle suit des cours d’astrologie, de scénographie et des workshops avec différents chorégraphes. Elle invite le chorégraphe Laurent Cèbe à donner des cours de danse aux Beaux-Arts de Nantes et met en scène un spectacle performatif au Théâtre Universitaire de Nantes. Elle est diplômée du DNSEP, section cinéma, avec les félicitations du jury et du Master Culture Civilisation et Société à l’Université de Nantes.

Elle intègre ensuite les ateliers de Poush-Manifesto à Paris, assiste l’artiste Laura Gozlan, participe à diverses expositions et développe sa pratique de l’espace au travers de scénographies pour le spectacle vivant, notamment pour Data Mossoul, puis Amer M. et Colette B. de Joséphine Serre, au théâtre de la Coline, Pourquoi mon père ne m’a pas appris l’arabe de Sarah Mordy, La Nuit Estelle Meyer, aux Plateau Sauvages, Au coeur des monstres de Sarah Mordy.

En juin 2024, elle est diplomée du Fresnoy - Studio national des arts contemporains, où elle realise deux courts-métrages de fiction expérimentale, en première année avec l’aide précieuse du réalisateur austro-libanais, Patric Chiha, et en deuxième année avec celle du photographe, cinéaste et plasticien Smith.

Sur son travail

Lou Chenivesse créé des formes transdisciplinaires qui empruntent au cinéma son potentiel narratif, et aux arts vivants l’artificialité et la théâtralité propre à l’espace scéonographique. Elle propose des formes hybrides qui prennent corps dans des installations immersives, des vidéos, de l’écriture et des photographies et s’inspire de différentes disciplines : ésotérisme, anthropologie, psychologie, écologie, féminisme.

Ses projets trouvent leur origine dans l’espace de l’intime, de récits familiaux. Elle réalise des enquêtes sur ses aïeules, au travers de documents, d’entretiens, de thèmes astraux. Elle remonte l’arbre par les femmes, à la recherche de son matrimoine et questionne ainsi les identités et les fantômes dont on hérite en tant que femme. Ces petites histoires intimes, ces histoires de femmes mortes, elle les transforme en fiction, les mythologise en grandes histoires où elles sont les héroïnes.

Le fantôme, aussi bien psychanalytique, renvoyant à l’idée d’un secret qui se transmet de génération en génération et hante le sujet, que mystique, spectre qui habite les lieux, est une notion présente en fil rouge dans ses pièces. Sa démarche rend compte et prend la forme de rites mortuaires, d’ablution de ces spectres. Il s’agit de mettre en lumière le hors champs, l’ob-scène, ce qui est dissimulé, et par conséquent ce qui est de l’autre côté.

 

Ses projets se composent de plusieurs pièces, au travers desquelles se tisse un récit mythologique, mêlant réalité tangible et réalité magique. Y flotte une ambiance mystique, une inquiétante étrangeté qui frise avec le macabre du film d’horreur. A la manière de la coexistence visuelle qu’elle propose entre clair et obscur, elle cherche l’espace de friction entre le monde des morts et celui des vivants pour y faire jaillir de l’incertitude, du basculement, des ombres.

Suite à la mort d’une proche, une jeune femme est plongée dans une solitude mélancolique. Des évènements étranges se manifestent. Des fantômes surgissent au travers de fissures comme des fuites d’eau qui glisse le long des murs, pendant qu’une tempête grandit. Passé, présent et futur se superposent, le temps se dissous, se suspend.

 

Le Temps suspendu est une puissante chimère cracheuse d’eau. Lettre de deuil, d’amour et de mélancolie, essai spéculatif gothique, fable écoféministe, ce film constitue la mue d’un projet initial d’installation puis de documentaire de création autour des villages dissolution de soi, de manière littérale (dispersion des cendres, inondations fatales) et figurée (deuil et pensée de la mort, solastalgie).

Déposé comme un voile sur un scénario superbement conçu qui agrège différents niveaux de récit et intensités de réalité hétéroclites qui fluctuent mais ne coulent pas, le travail visuel du film invite à visionner l’image d’une vie sous-marine au-delà de la vie, d’une demi-vie, d’une infra-vie, d’une aqua-vie (prosit !).

 

La disparition de sa grand-mère, le voyage d’adieu qui lui fit suite pendant l’épisode récent des pluies torrentielles hexagonales a initié la bifurcation de son projet vers la poursuite d’une enquête familiale où Lou Chenivesse fait commerce avec les fantômes vivants et morts, où de chaque trépas procède un rituel de passage. La séquence liminale de dispersion des cendres dans un océan enragé (dimension magique du geste performatif) initie la transformation de notre Monde liquéfié, agrégeant deux apocalypses : la mort d’une proche, celle de notre planète telle que nous la connaissons. Lou Chenivesse cite Tarkovski, Maddin, Lynch, partage à juste titre leur désir de coordonner registres d’images et de ton, la maîtrise du passage immédiat d’une émotion à une autre. On pense aussi à une Jeanne Dielman ectoplasmique dont les gestes, les habitudes gravées dans le vivant comme un sillon dans un vinyle se perpétuent à l’infini, machinaux. Lou Chenivesse propose un fantastique discret, qui s’infiltre lentement comme une avarie de plomberie engloutissant le monde.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

 

Bogdan Chthulu SMITH

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