Lou Chenivesse
Série de photographies numériques, 2019
200x100 cm
Dans un âge très avancé, nous perdons nos facultés de paroles, de mouvements. Notre corps se transforme, il est de plus en plus léger, comme si nous perdions notre consistance matérielle. Sa présence se réduit à celle d’une ombre, d’un corps inanimé pour être bientôt celle d’un fantôme. Alors, nous sommes des pré-fantômes. Notre comportement et notre être, comme s’ils faisaient une boucle, rejoignent ce que nous étions enfants. Nous parlons alors de régression, de sénilité, de dégénérescence mentale. Pourtant, peu de psy ou de neurologues se sont intéressés à ce qui se passe dans le cerveau à ce moment de nos vies. Cet état n’est-il pas plus une transformation qu’une régression ? Où sommes-nous quand notre esprit semble absent ? Peut-être sommes-nous en contact avec autre chose, un ailleurs, une autre réalité et ceci grâce à une perception du monde qui se transforme. Quand mon grand-oncle sénile m’annonce s’être entretenu la semaine dernière avec mon grand-père mort il y a cinq ans, comment retirer toute véracité à ses propos si, pour lui ils se sont vraiment parlé ? La personne âgée c’est aussi celle qui fait un lien entre un temps passé et un temps présent, celle qui a connu un monde que nous ne connaîtrons jamais et qui en devenant muette, renferme et emporte pour toujours un secret avec elle, celui de nos origines.
transformation qu’une régression ? Où sommes-nous quand notre esprit semble absent ? Peut-être sommes-nous en contact avec autre chose, un ailleurs, une autre réalité et ceci grâce à une perception du monde qui se transforme. Quand mon grand-oncle sénile m’annonce s’être entretenu la semaine dernière avec mon grand-père mort il y a cinq ans, comment retirer toute véracité à ses propos si, pour lui ils se sont vraiment parlé ? La personne âgée c’est aussi celle qui fait un lien entre un temps passé et un temps présent, celle qui a connu un monde que nous ne connaîtrons jamais et qui en devenant muette, renferme et emporte pour toujours un secret avec elle, celui de nos origines.
Production Le Fresnoy- Studio national des arts contemporains
Exposition Panorama 2025 - Comissariat Chris Dercon
Film, (vidéo numérique), 20 min, 2023 :
https://vimeo.com/showcase/10345030/video/841850818
Mot de passe : sur demande
Descendante d’une lignée de femmes maudites, toutes réduites à n’être que des mères, condamnées à perdre leurs enfants et à mourir jeune, Lou réalise un acte magique pour conjurer le sort.
Tel Orphée qui descend dans le monde des morts, elle se glisse dans la peau de sa grand-mère, jamais rencontrée, pour performer le drame qui la mène à sa mort. Pour que le spectre ne s’accroche pas à elle, elle lui offre ensuite un corps éternel, un gisant.
En remontant sa généalogie, Lou Chenivesse interroge les identités de femmes qui la précèdent. Dans ce film, elle raconte l’histoire de sa grand-mère qui était peintre et voulait être artiste. Le film pose ainsi la question des modèles et des histoires dont nous héritons en tant que femme, de l’idéal bourgeois qui a pensé “la femme au foyer”, qui a traversé toutes les couches de la société en les réduisant à n’être que des épouses et des mères, des appareils reproducteurs. Il pose la question de ces histoires fantômes qui continuent de nous habiter et reste constitutive de nos sociétés. Il pose la question du mythe de la mère douce et aimante, proposant l’image d’une femme qui essaie désespérément d’avoir un troisième enfant, quand son mari prend une amante. Pourtant, elle sait que son sang empoisonne les bébés qu’elle porte, Elle fait fausse couche sur fausse couche, jusqu’au dernier, qu’elle gardera mort dans son ventre pendant un mois. Le film propose ainsi l’image d’une mère ambivalente, prise entre un besoin vital d’enfant pour exister et une pulsion infanticide de dévoration.
le silence des passeurs
le silence des passeurs
Série de photographies numériques, 2019
200x100 cm
Dans un âge très avancé, nous perdons nos facultés de paroles, de mouvements. Notre corps se transforme, il est de plus en plus léger, comme si nous perdions notre consistance matérielle. Sa présence se réduit à celle d’une ombre, d’un corps inanimé pour être bientôt celle d’un fantôme. Alors, nous sommes des pré-fantômes. Notre comportement et notre être, comme s’ils faisaient une boucle, rejoignent ce que nous étions enfants. Nous parlons alors de régression, de sénilité, de dégénérescence mentale. Pourtant, peu de psy ou de neurologues se sont intéressés à ce qui se passe dans le cerveau à ce moment de nos vies. Cet état n’est-il pas plus une transformation qu’une régression ? Où sommes-nous quand notre esprit semble absent ? Peut-être sommes-nous en contact avec autre chose,
œuvres
œuvres


le silence des passeurs
Série de photographies numériques, 2019
200x100 cm
Dans un âge très avancé, nous perdons nos facultés de paroles, de mouvements. Notre corps se transforme, il est de plus en plus léger, comme si nous perdions notre consistance matérielle. Sa présence se réduit à celle d’une ombre, d’un corps inanimé pour être bientôt celle d’un fantôme. Alors, nous sommes des pré-fantômes. Notre comportement et notre être, comme s’ils faisaient une boucle, rejoignent ce que nous étions enfants. Nous parlons alors de régression, de sénilité, de dégénérescence mentale. Pourtant, peu de psy ou de neurologues se sont intéressés à ce qui se passe dans le cerveau à ce moment de nos vies. Cet état n’est-il pas plus une transformation qu’une régression ? Où sommes-nous quand notre esprit semble absent ? Peut-être sommes-nous en contact avec autre chose, un ailleurs, une autre réalité et ceci grâce à une perception du monde qui se transforme. Quand mon grand-oncle sénile m’annonce s’être entretenu la semaine dernière avec mon grand-père mort il y a cinq ans, comment retirer toute véracité à ses propos si, pour lui ils se sont vraiment parlé ? La personne âgée c’est aussi celle qui fait un lien entre un temps passé et un temps présent, celle qui a connu un monde que nous ne connaîtrons jamais et qui en devenant muette, renferme et emporte pour toujours un secret avec elle, celui de nos origines.





