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Lou Chenivesse

Production Le Fresnoy- Studio national des arts contemporains

 

Film, (vidéo numérique), 2024, 18’30 min

https://vimeo.com/video/964551631

Mot de Passe : sur demande

 

Suite à la mort d’une proche, une jeune femme est plongée dans une solitude mélancolique. Des évènements étranges se manifestent. Des fantômes surgissent au travers de fissures comme des fuites d’eau qui glisse le long des murs, pendant qu’une tempête grandit. Passé, présent et futur se superposent, le temps se dissous, se suspend.

 

Le Temps suspendu est une puissante chimère cracheuse d’eau. Lettre de deuil, d’amour et de mélancolie, essai spéculatif gothique, fable écoféministe, ce film constitue la mue d’un projet initial d’installation puis de documentaire de création autour des villages engloutis et de leur folklore vers une inspection singulière de la dissolution de soi, de manière littérale (dispersion des cendres, inondations fatales) et figurée (deuil et pensée de la mort, solastalgie).

 

Déposé comme un voile sur un scénario superbement conçu qui agrège différents niveaux de récit et intensités de réalité hétéroclites qui fluctuent mais ne coulent pas, le travail visuel du film invite à visionner l’image d’une vie sous-marine au-delà de la vie, d’une demi-vie, d’une infra-vie, d’une aqua-vie (prosit !).

 

La disparition de sa grand-mère, le voyage d’adieu qui lui fit suite pendant l’épisode récent des pluies torrentielles hexagonales a initié la bifurcation de son projet vers la poursuite d’une enquête familiale où Lou Chenivesse fait commerce avec les fantômes vivants et morts, où de chaque trépas procède un rituel de passage. La séquence liminale de dispersion des cendres dans un océan enragé (dimension magique du geste performatif) initie la transformation de notre Monde liquéfié, agrégeant deux apocalypses : la mort d’une proche, celle de notre planète telle que nous la connaissons. Lou Chenivesse cite Tarkovski, Maddin, Lynch, partage à juste titre leur désir de coordonner registres d’images et de ton, la maîtrise du passage immédiat d’une émotion à une autre. On pense aussi à une Jeanne Dielman ectoplasmique dont les gestes, les habitudes gravées dans le vivant comme un sillon dans un vinyle se perpétuent à l’infini, machinaux. Lou Chenivesse propose un fantastique discret, qui s’infiltre lentement comme une avarie de plomberie engloutissant le monde.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

 

Bogdan Chthulu SMITH

le temps suspendu

à propos

à propos

à propos

à propos

LE temps suspendu

Production Le Fresnoy- Studio national des arts contemporains

Exposition - Toute ressemblance avec la réalité n’est pas une pure coïncidence. - Comissariat Marta Gili

 

Film, (vidéo numérique), 2024, 18’30 min

https://vimeo.com/video/964551631

Mot de Passe : sur demande

 

Suite à la mort d’une proche, une jeune femme est plongée dans une solitude mélancolique. Des évènements étranges se manifestent. Des fantômes surgissent au travers de fissures comme des fuites d’eau qui glisse le long des murs, pendant qu’une tempête grandit. Passé, présent et futur se superposent, le temps se dissous, se suspend.

 

Le Temps suspendu est une puissante chimère cracheuse d’eau. Lettre de deuil, d’amour et de mélancolie, essai spéculatif gothique, fable écoféministe, ce film constitue la mue d’un projet initial d’installation puis de documentaire de création autour des villages engloutis et de leur folklore vers une inspection singulière de la dissolution de soi, de manière littérale (dispersion des cendres, inondations fatales) et figurée (deuil et pensée de la mort, solastalgie).

 

Déposé comme un voile sur un scénario superbement conçu qui agrège différents niveaux de récit et intensités de réalité hétéroclites qui fluctuent mais ne coulent pas, le travail visuel du film invite à visionner l’image d’une vie sous-marine au-delà de la vie, d’une demi-vie, d’une infra-vie, d’une aqua-vie (prosit !).

 

La disparition de sa grand-mère, le voyage d’adieu qui lui fit suite pendant l’épisode récent des pluies torrentielles hexagonales a initié la bifurcation de son projet vers la poursuite d’une enquête familiale où Lou Chenivesse fait commerce avec les fantômes vivants et morts, où de chaque trépas procède un rituel de passage. La séquence liminale de dispersion des cendres dans un océan enragé (dimension magique du geste performatif) initie la transformation de notre Monde liquéfié, agrégeant deux apocalypses : la mort d’une proche, celle de notre planète telle que nous la connaissons. Lou Chenivesse cite Tarkovski, Maddin, Lynch, partage à juste titre leur désir de coordonner registres d’images et de ton, la maîtrise du passage immédiat d’une émotion à une autre. On pense aussi à une Jeanne Dielman ectoplasmique dont les gestes, les habitudes gravées dans le vivant comme un sillon dans un vinyle se perpétuent à l’infini, machinaux. Lou Chenivesse propose un fantastique discret, qui s’infiltre lentement comme une avarie de plomberie engloutissant le monde.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

 

Bogdan Chthulu SMITH

Suite à la mort d’une proche, une jeune femme est plongée dans une solitude mélancolique. Des évènements étranges se manifestent. Des fantômes surgissent au travers de fissures comme des fuites d’eau qui glisse le long des murs, pendant qu’une tempête grandit. Passé, présent et futur se superposent, le temps se dissous, se suspend.

 

Le Temps suspendu est une puissante chimère cracheuse d’eau. Lettre de deuil, d’amour et de mélancolie, essai spéculatif gothique, fable écoféministe, ce film constitue la mue d’un projet initial d’installation puis de documentaire de création autour des villages dissolution de soi, de manière littérale (dispersion des cendres, inondations fatales) et figurée (deuil et pensée de la mort, solastalgie).

Déposé comme un voile sur un scénario superbement conçu qui agrège différents niveaux de récit et intensités de réalité hétéroclites qui fluctuent mais ne coulent pas, le travail visuel du film invite à visionner l’image d’une vie sous-marine au-delà de la vie, d’une demi-vie, d’une infra-vie, d’une aqua-vie (prosit !).

 

La disparition de sa grand-mère, le voyage d’adieu qui lui fit suite pendant l’épisode récent des pluies torrentielles hexagonales a initié la bifurcation de son projet vers la poursuite d’une enquête familiale où Lou Chenivesse fait commerce avec les fantômes vivants et morts, où de chaque trépas procède un rituel de passage. La séquence liminale de dispersion des cendres dans un océan enragé (dimension magique du geste performatif) initie la transformation de notre Monde liquéfié, agrégeant deux apocalypses : la mort d’une proche, celle de notre planète telle que nous la connaissons. Lou Chenivesse cite Tarkovski, Maddin, Lynch, partage à juste titre leur désir de coordonner registres d’images et de ton, la maîtrise du passage immédiat d’une émotion à une autre. On pense aussi à une Jeanne Dielman ectoplasmique dont les gestes, les habitudes gravées dans le vivant comme un sillon dans un vinyle se perpétuent à l’infini, machinaux. Lou Chenivesse propose un fantastique discret, qui s’infiltre lentement comme une avarie de plomberie engloutissant le monde.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

 

Bogdan Chthulu SMITH

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